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Memories... [Clos]

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Message Dim 10 Fév - 11:33



La lettre dans sa main, relue et relue, jusqu'à y croire. Une missive froissée serrée entre ses doigts, comme l'on se raccroche à une dernière chose, à une dernière réalité.
Tout s'écroulait et lui restait là, debout, droit. Le messager était-il partit depuis quelques heures ou quelques minutes ? Il lui semblait que le monde tombait en poussière autours de lui. Comme une statue, soudain, oubliant où il se trouvait, il était incapable de bouger.
Il n'avait plus conscience d'être dans la bibliothèque. Plus conscience de rien. Seul le battement sourd de son cœur résonnait dans sa tête, lui prouvant qu'il était encore vivant et les sons lui parvenaient de manière assourdie, comme depuis un voile de coton.

La douleur est une vue de l'esprit. Il avait déjà beaucoup souffert, lorsque le poison qu'il mettait au point brûlait sa bouche, sa gorge même, le privant du sens du goût. Il avait souffert, oui, physiquement, bien des fois. Mais jamais une telle sensation ne l'avait terrassé.
Le digne maître de guilde, si insensible, si distant, coupé aux émotions humaines, semblait à cet instant plus pâle que jamais, son visage exsangue ne reflétant rien qu'un vide abyssal et effrayant.
Il se tenait au bord d'un précipice mental et tout ce qui l'avait toujours retenu dans l'humanité venait de se rompre pour l'y laisser tomber.

Il ne courut pas, il ne pleura pas. Il marchait seulement, d'un pas lent, comme quelque golem ancien et cassé. Il marchait sans voir, avançant dans les tréfonds de son sanctuaire, perdant lentement tout lien avec la réalité. Il ignora même l'âme jumelle d'Arkhail, dont le rugissement, comme une longue plainte lugubre, venait de résonner dans les galeries. Un long cri pour ceux que ne pousseraient pas son frère mortel.

Il se tenait à présent sur le promontoire face aux deux rivières souterraines, là où étaient adoubés les membres de la guilde. Le flot tumultueux des rivières faisait un écho à ce vide infini, le remplissant d'un son inutile et creux.

Il s'était laissé tomber à genoux, se blessant légèrement sur le roc froid, restant simplement là, les yeux dans le vague, comme un enfant perdu. Les arbres lumineux éclairaient doucement l'endroit, mais il ne voyait déjà plus. La vision brouillé d'une chose qui n'avait jamais coulé sur ses joues pâles. Jamais nul pleur, jamais nulle larme. Et à présent, il sentait les sanglots secouer sa poitrine sans pouvoir les arrêter ou les endiguer. Il pleurait, comme pleure un enfant, sans retenue ni fausse pudeur, seul sur cette avancée de terre face aux flots souterrains.

Et il n'entendait qu'à peine l'écho de ses sanglots modulé en une plainte de dragon, qui sonnait comme un chant d'une tristesse infinie. Arkhail pleurait à sa manière de dragon, avec ce dragonnier aimé. Ils pleuraient la perte des deux êtres les plus chers au monde.
L'une d'elle, plus chère encore que tout.

Hattusha ne reviendrait jamais victorieuse de la guerre. Elle ne prendrait plus sa main en riant comme seule elle savait le faire. Il ne la verrait plus jamais, couronnée du soleil du désert sur ses cheveux clairs. Plus de sourire et plus de tendres baisers. Plus rien qu'un néant glacial.

Les mains plaquées sur la pierre froide, il hoquetait, les larmes tombant sur ce sol noir et stérile, sans plus pouvoir parler, ou simplement penser.
Elle était morte. Aldo était mort. Son passé, son humanité, ses sentiments... Etaient morts avec eux, avec cet immense vide qui gangrénait sa poitrine en lieu et place du cœur.

L'odeur minérale de la pierre humide faisait une gangue à son chagrin. Sur les hauteurs rocheuses, la gueule levée vers le ciel, loin au dessus d'eux, le chant du dragon résonnait toujours, comme un hymne à ceux qui étaient tombés, avertissant chacun qu'un malheur était survenu.

Mais ce malheur-ci n'avait de valeur que pour un seul homme, dont la vie venait d'être détruite en un instant, balayée par une guerre dont il n'était qu'un spectateur. Il y aurait toujours des guerres et il y aurait toujours la Main du Jugement dans l'ombre des grands faits de l'histoire.
Il y aurait toujours quelqu'un pour relever la main qui tenait le flambeau et le faire brûler plus fort. Alors à quoi bon, oui, à quoi bon ? S'il mourrait dès à présent, son âme et celle d'Arkhail s'enfuiraient-elles vers les cieux ou bien se réincarneraient-ils comme ils l'avaient toujours fait ?

La rivière coulait toujours, et le temps passait toujours autours de lui, dont le cœur, comme une horloge, s'était arrêté sur l'heure de la mort de sa bien-aimée et de son cher ennemi.
Hattusha et Aldo, deux compères et deux complices. L'un qu'il prétendait haïr. L'autre qu'il aimait. Et pourtant, à cette heure, il les pleurait en égaux. Les deux facettes d'une même pièce. Ses sanglots déchirant le silence de cathédrale de ce lieu sacré pour bien des nouveaux venus.
Il ne mourrait pas, bien sûr, mais quelque chose était mort, au delà de la mort de deux amis, deux amours. Quelque chose qu'il pensait n'avoir jamais eu. Le souffle d'un sentiment, d'un amour sincère et pur, que rien n'avait pu corrompre.
La complainte d'Arkhail se tut, mourant dans de derniers déchirants échos. Les sanglots de l'humain s'étaient tus alors qu'il gisait sur le flanc, enroulé en chien de fusil sur le sol humide, ses yeux noirs rougis de larmes fixant le néant. Seule une faible respiration sifflante et le mouvement de sa poitrine sous la cape noire qui le couvrait un peu se faisait encore entendre, prouvant que même une telle perte la vie continuait encore... Ténue et fragile. Une vie comme un cœur de verre, qui venait de se briser.
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Lucem
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Estefania Quinto
Message Dim 10 Fév - 12:55

    Le temps n'avait rien permit. Ni à s'acclimater aux lieux, ni à sa nouvelle charge. Alecto se contentait de faire ce qu'on lui disait, à présent, car elle en avait assez d'être une lame sans bras pour la guider, sans objectif; une vie d'errance émoussait même les plus fins stylets. Servir était également une noble cause; servir à quelque chose encore plus. Alors elle n'avait rien dit, prêtant allégeance en se moquant éperdument du Divin Akhail, des préceptes, des promesses de sang: elle servait maître Candel Harfang et c'était là pour elle sa seule et unique promesse. Il lui avait sauvé la vie, et elle la lui avait donné. C'était bien tout. Elle avait toujours été une femme de paroles, mais pas de complexités; et les enseignements de la Main du Jugement ne l’intéressaient pas. Ce n'était qu'un enrobage.

    La rousse faisait parti de ces créatures à sang-froid qui tue sans raison ni excuse. Qui ne se cherche aucune circonstance; ce n'est qu'un travail, qu'une action. Et la mort plane toujours au dessus des vivants, allant de pair avec l'existence. C'était comme ça: aucune mort ne l'avait jamais heurté, surtout pas celles de ses proches. Sa propre mort la laissait de marbre, et celle d'Ephiathès, si elle arrivait, aurait simplement comme conséquence de provoquer son suicide. Parce que la mort est une chose naturelle; mais elle refusait de vivre sans son dragon, son bienfaiteur, son amour: c'était son choix: la mort emporte sur tout, même l'amour le plus profond.

    De la situation de maître Harfang, Alecto ne savait rien; elle s'en fichait. Le doyen Haalu lui avait dit qu'il était fiancé à la reine Hattusha, souveraine des Roroas. Elle avait haussé les épaules et dit qu'elle ne voyait pas pourquoi il lui disait ça; le vieux grigou avait simplement sourit et était parti dans son coin. Maudit vieillard: elle ne l'aimait pas. La vie au sanctuaire était aussi morne que celle précédente; entre la cérémonie, la prise de quartiers, Alecto avait eut à faire. Elle se montrait distante et sauvage avec les autres assassins, restant dans son coin, ne parlant que si elle y était invitée. Une enfant farouche, qui parfois aimait à explorer sa nouvelle demeure en solitaire. Toujours seule mais éternellement accompagnée par la pensée d'un Monarque de Foudre.

    La grotte avait la luminescence irréelle des champignons phosphorescence, lumière diffuse, falote, d'un bleu bâtard et lunaire. Baignée d'un silence minéral, seul le cour de la rivière souterrain donnait un semblant de mouvement au lieu comme hors du temps. La jeune femme regarda un long moment les parois froide de la grotte, ces cristaux, et couta le silence en soupirant d'aise. Elle portait la tenue de cuir noir de la Main du Jugement, troqué contre ses costumes bien coupés. Serait-elle un jour à l'aise là dedans? Elle ne savait pas.

    Elle le vit arriver depuis son perchoir, en vue de plongée; sa démarche était à la fois lente et lourde. La rousse plissa les yeux, l'ai froid, et fit quelques pas en arrière pour rester hors de vue. Le maître ne devait pas la voir. Il y eut comme quelque chose dans l'air, électrique et funeste; même elle le sentit. Mais elle n'en fit pas cas, son regard bleu et insensible sur le maître de la Main. Il tomba sur les genoux, les mains sur le sol, comme un animal abattu. Qu'avait-il donc?

    Elle ne compatissait pas; elle s’en moquait. Faisant échos à ses pleurs, le cris déchirant d'un grand dragon qui comprenait et sentait la souffrance de son dragonnier; un rugissement désagréable porté par l'air des galeries. Alecto fit encore un pas en arrière, prudente, plissant les yeux car le rugissement d'Arkhail lui dérangeait les oreilles. Maudite bête, tais-toi. La rousse observa un long moment Candel depuis sa position; il était faussement vulnérable en cet instant mais elle ne doutât pas qu'il serait réellement à portée de dague.

    S'imaginait-elle soudain en train de le frapper en plein gorge? Pourquoi pas. Juste comme ça, sans raison. Comme une sorte de dominance. Et advienne que pourra. Ou le frapper dans les reins et attendre sa mort, plusieurs heures après. Mais elle ne le ferait pas: aucune raison de le faire. Mais elle s'avança de quelques pas, découvrant sa présence du haut de sa petite falaise comme si elle désirait qu'elle sache qu'elle était là; qu'elle avait tout vu.

    Alecto dévisageait Candel sans expression particulière. Elle ne ressentait rien; elle ne savait pas ce qui le déchirait de cette manière, lui qui était toujours si égal. Lorsqu'il la vit enfin -elle était capable de cacher sa présence très habilement quand elle voulait- la jeune femme se contenta de glisser au bas de la falaise en glissant contre la roche, s'écorchant un peu les gants et les bottes, se réceptionnant comme elle put pour le rejoindre, enjambant les cristaux.

    "Maître."


    Rien dans sa voix; elle le dévisageait simplement, profitant un peu d'être debout et lui à genoux. Elle n'avait pas oublié ce qu'il avait fait pour elle au palais Gorgo; mais elle n'avait pas oubli non plus qu'il l'avait frôlé: son regard disait tout son mépris.

    "Être à genoux est indigne", cracha-t-elle finalement, comme agacée, "et pleurer ne sert à rien, quoi qu'il vous arrive. Relevez-vous."

    Qu'elle était rude, cette rousse glaciale à la fois raffinée et mal dégrossi, lui tendant simplement la main. Et son regard froid était posé sur luis ans attendre particulièrement de réponse. Mais il ne devait pas rester à genoux. Elle ne cherchait pas à le consoler car elle connaissait l'homme, mais surtout se connaissait: elle s'en fichait éperdument.

    "Si mon maître est à genoux devant moi, c'est qu'il est mon inférieur. Alors debout, si vous ne voulez pas que je vous méprise comme un petite gens."



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Message Dim 10 Fév - 13:36



Silence. Et cet écho grondant des deux rivières autours de lui, sur cette avancée de roc qui avait vu bien des hommes et de femmes vouer leurs vies à l'ombre et à la lame. Là où tout commençait pour certains. Seul ?
Pas vraiment.
Car à présent que ses larmes s'étaient tuent, que le cri d'Arkhail était mort dans le fantôme d'un souvenir, à présent qu'il fixait le néant, son regard avisa une silhouette en contre-haut, sur le roc nu et glissant qui surplombait légèrement la scène.

Pitoyable scène, lui couché sur le flanc comme un animal mourant. Un instant, il ferma les paupières, comme pour espérer une dague traîtresse, un coup mortel au moment de sa vie où il était le plus vulnérable. L'on meurt parfois pour un rien, d'une mygale ou de chagrin. Mais rien ne vint et lorsqu'il rouvrit les yeux, elle était toujours là.

Il aurait aimé être seul. Il aurait aimé dormir. Dormir plutôt que vivre. Le sommeil parfois, était aussi doux que la mort, pour lui qui ne dormait que trop peu. Sa vie comme un long chemin de ronces, s'étendait à perte de vue. Il aurait aimé être assez lâche pour se tuer. Assez... Humain. Il aurait aimé pleurer encore car il ne connaissait pas ce goût de sel sur ses lèvres blessées. Il ne connaissait pas cette faiblesse qui n'avait rien de physique, lui qui avait accueilli la mort de son frère et de ses parents sans même sourciller.
Et voilà qu'elle le plaquait au sol, telle une main invisible, attendant son heure.
Son regard braqué sur la forme imprécise bien au dessus avait un instant été une supplique : achevez-moi que je me tienne de nouveau auprès d'eux que j'aime plus que tout.

Mais le coup de dague ne vint jamais et la forme disparu un instant, accompagné du bruit d'une escalade des rochers, une longue glissade le long de la paroi de lave escarpée et glissante.

Du coin de l’œil il la vit arriver. Alecto. Il ne se releva pas. Qu'on le laisse à sa faiblesse, à sa solitude et à cette angoisse nouvelle. Une angoisse jamais éprouvée : la peur de vivre sans celle qu'il aimait. La vie lui apparut comme un chemin interminable. S'il s'était toujours défini comme seul, voilà qu'il découvrait le véritable sens du mot solitude. Le néant et rien autours. Les plus parfaites abysses de son âme. Plus de bonne excuse pour se rattacher à la vie, à la réalité ou aux sentiments. Curieux homme : la mort de sa compagne et celle de son frère ennemi avaient comme soufflé une bougie en son sein. Les sentiments qu'il était capable d'éprouver jusqu'à hier encore lui semblaient inaccessibles, incompréhensibles. Sa capacité à aimer semblait morte en même temps que ce qui lui était si cher.

Elle approchait, le toisait et il l'observait, comme l'animal attend son destin, sans rien dire, sans peur, ni vraiment d'angoisse. Il attendait de savoir si elle l'achèverait là.
Seuls des mots vinrent. Des mots d'orgueil et de suffisance. Des mots crachés plutôt que prononcés, comme l'on crache un venin mortel.

Beaucoup se seraient dressés de colère devant le manque d'empathie d'Alecto. Mais lui-même ignorait le simple sens de ce mot. Sa froide logique trouvait en lui un vague écho, sous la douleur qui lui barrait la poitrine.

"L'on a beau tendre le cou à la hache, la mort ne vient décidément jamais à propos." Dit-il d'une voix rauque et brisée depuis le sol, sans bouger encore, baigné de la fraicheur de la roche contre sa joue blême, ses longs cheveux noirs s'humidifiant de gouttelettes d'eau.
Sans sourire, sans pleurer, il n'eut d'autre marque de sa profonde douleur que cette phrase sibylline teintée de regrets.

Peut-être le regret qu'Alecto ne l'ait pas achevé quand elle en avait eu l'occasion. C'était peut-être ce qu'il aurait fait.
Mais, doucement, sous les reproches, son corps si maigre s'ébranla dans un long spasme de reptile alors qu'il se redressait. Assis d'abord, pour lutter contre le vertige que lui imposait son corps las. Il avait une conscience accrue de chaque détail. La sensation de la lettre froissée dans sa main. Celle de l'humidité qui collait ses cheveux à son visage blafard, les faisant onduler de manière presque comique. Celle de ses vêtements, de sa cape, qui suivait son mouvement pour se relever dans un froissement de tissu.

"L'homme à terre n'est qu'un corps en sursit." Dit-il de nouveau en se redressant sur ses genoux écorchés, comme un enfant qui serait tombé d'apprendre à marcher. Ses yeux étaient vides, plus que douloureux. Vides et froids. Lointains. Comme s'il tentait encore de retenir leur souvenir, de les entrapercevoir une dernière fois par delà les brumes de la mort.
Debout, dos voûté, il observa encore quelques instants les arbres lumineux sans vraiment les voir, sentant la présence réprobatrice d'Alecto dans son dos.

"... Et elle n'est plus qu'un simple corps que l'on brûlera suivant sa coutume. Un corps n'est rien que ce qu'il est, quand la mort le frappe. Un objet inanimé... Qui plus jamais ne m'aimera."
Ce n'était qu'un murmure, comme s'il tentait de raisonner sa douleur, de supporter l'idée de l'avoir perdue. De la réduire à un néant à venir, à du rien. Bras croisés, tournant le dos à Alecto, il sentait les larmes refouler malgré la douleur, au delà de tous pleurs inutiles. Sa peine ne saurait se satisfaire de larmes, de ces artifices pour les peines tièdes que seuls les petites gens savent verser.

"Je suis debout."
Dit-il finalement sans se retourner, comme l'on crache un poison, d'une voix qui se teintait d'un reproche voilé, comme pour la chasser. Oui, il était debout. Et a présent qu'il réalisait que ce simple geste était finalement qu'une mécanique du corps en dépit de celle de l'esprit, il regrettait qu'il n'en soit pas l'inverse. Alors il aurait eu la lâcheté sentimentaliste de se jeter dans les eaux. Mais il savait aussi, qu'à présent qu'il était debout, il ne pourrait plus se coucher de nouveau.
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Lucem
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Estefania Quinto
Message Dim 10 Fév - 14:03

    Elle le toisait avec mépris; car l'homme qui met un genou à terre est la moitié d'un cadavre qu'elle foulerait aux pieds sans hésiter, et son regard révélait ce simple fait avec une limpidité presque trop pure, trop franche. Depuis le haut de sa falaise bleu et verte, elle l'avait regardé un long moment; un moment si long qu'elle ne se souvenait déjà plus pourquoi elle avait commencé à le regarder.

    "J'avais l’opportunité, mais pas la raison."

    Donc c'était un geste inutile: Alecto était un être la plupart du temps guidé par sa froide logique, hormis lorsque sa phobie détraquait ses pensées. Elle ne faisait que rarement montre d'émotivité, et jamais cas de ses sentiments personnels.

    "Demandez, maître, et je vous tuerai selon vos désirs", lui fit-elle franchement en haussant les épaules, doutant bien qu'il le lui demande.

    La rousse le regarda sur le sol, comme on regard un chien qui mourrait de la gale; comme on regard une flaque d'eau croupie. Elle avait des sentiments pour lui, naissants, enfouies tout au fond d'elle quelque par entre la couche d’orgueil et la croute d’intolérance. Un sentiment chaste et pur qui ne souffrait d'aucune reconnaissance, de l'un ou l'autre parti. Elle nourrissait pour son maître quelque chose dont elle n'avait aucune conscience. Un intérêt étrange et indicible, chargé de colère constante. Chargé d'un mépris disproportionné.

    "Il n'existe aucun cadavre en sursis: l'homme est vivant ou mort: ceux qui crèvent sont déjà mort."

    Elle haussa encore une fois vaguement des épaules, l'air maussade, le visage fermé tout en regardant Candel se relever lentement. La rousse n'oublierait pas cette faiblesse de la part de son maître qui déjà déambulait, l'âme en peine. A ses dires, elle comprit la mort de la reine des Roroas, tombée au combat surement. Serrant doucement les poings, la voix d'Alecto se fit plus forte.

    "Taisez-vous donc... elle est morte comme une reine, comme une guerrière. Elle a eu la plus belle mort qui soit."

    Toujours ce ton dur, qui s'ourlait comme une sorte de bouclier contre sa propre jalousie. La rousse marcha lentement vers son maître, le contournant avec un air contrit mais calme.

    "Vous l'aimiez. Mais l'amour est un sentiment chaste et pur qui n'a pas à s’encombrer de tristesse. L'amour est toujours là, au fond de vous. Et vous avez les souvenirs de votre reine. Pour toujours. Il n'y a pas de raison d’être triste, car elle est toujours là."

    L’amour, l'amour, toujours, comme ce sentiment extraordinaire et platonique qu'elle ressentait pour Ephilathès et qui jamais ne saurait être égalé; cette force et cette faiblesse. Cette sensation qui de défie de la mort et porte les souvenirs aux nus. Ce gentil sentiment. Chaste et pur, et doux. Un sentiment qu'elle connaissait bien, même si son amoureux était à la fois impossible et pourtant partagé. L'amour d'un dragon et de sa dragonnière. Loin de tout, seuls et pourtant toujours ensembles. Seuls contre le monde entier.

    Quand il dit être debout, Alecto réprima un sourire narquois, et étouffa par là même un rire moqueur, amer.

    "Non, vous n'êtes pas debout. Dans votre tête vous êtes toujours couché comme une merde à vous lamenter."


    Elle soupira.

    "Vous étiez pitoyablement couché sur le flanc comme un animal sans dignité; je n'oublierai pas ça. Et vous n'êtes pas debout dans votre tête. Moi oui. Vous, vous avez oublié votre dignité et cela ne se fait pas pour un dirigeant."


    Alecto eut une longue inspiration et frôla l'épaule de son maître d'une espèce de chiquenaude extrêmement fugace sur son vêtement, l'air de le provoquer.

    "Mettez-vous debout, maître. Ou demandez à en finir. Mais prenez votre décision sans vous lamenter: voilà de quoi les chefs sont fait."



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Message Dim 10 Fév - 14:53



Il l'écoutait, sous son air distant, sous toute sa froideur et son inhumanité, lui qui semblait si humain, parfois : trop humain. Il ne connaissait nulle mesure dans les choses des sentiments, et aimait et haïssait de manière fervente et entière. De manière bien trop forte. Et cette femme qui le toisait le le provoquait, avec toute sa morgue, était incapable de comprendre à quel point Candel était définitivement particulier.
Ce que l'on appelait un handicap n'en était pas un, à ses dires. Et pourtant, il se refusait d'entendre Alecto parler d'Hattusha. Quelque chose en lui se révulsait à la simple mention de sa reine, de la mort de cette dernière. Comme si les mots donnaient corps à une réalité qu'il ne voulait pas accepter. Cette vérité crue et laide qui sonnait comme un glas. Elle était morte. Définitivement morte. Elle n'était qu'un cadavre, elle qu'il chérissait tant. Et Aldo... Aldo aussi.
Les deux piliers de sa vie, sa haine et son amour conjoints n'étaient plus.
Il fallait recommencer, pour la première fois depuis neuf ans, à penser sans eux. Comme si rien n'avait existé.

Qu'elle se taise, cette femme. Qu'elle le laisse à sa paix, à sa peine. A leur souvenir. A ce moment qui n'appartenait qu'à lui et à ces deux défunts et qu'elle brisait de sa colère et de sa morgue.

Il ne voulait pas réellement mourir, c'était l'apanage des faibles et des êtres qui n'ont d'autre but qu'eux même dans la vie. Lui avait cette Guilde. Sa raison même d'être. Lui qui était la réincarnation, l'une des multiples réincarnations, d'un ancien dragon d'air jumeau d'Arkhail.
Et il avait leur œuvre commune.
Les deux jeunes gens ne virent pas, pas si loin que cela, le Doyen Haalu s'éloigner doucement, parfaitement silencieux pour son âge avancé. Le vieil homme ne poussa qu'un soupir intérieur. Ce garçon qu'il avait veillé comme l'un de ces fils était au plus mal mais il ne pouvait guère le soutenir : Candel était un animal sauvage qui se laissait peu approcher. Il espérait qu'Alecto ne ferait pas plus de mal, elle qui était une ignorante persuadée de détenir la sagesse suprême. Mais il les laissa entre eux sans intervenir.

Le Maître silencieux, se laissait insulter sans réagir. A quoi bon se battre ? A quoi bon la tuer ? Elle n'était à cet instant qu'une mouche agaçante noyée dans le thé de son chagrin. Tout au plus indésirable, au pire inopportune.

"Qu'il est risible de me parler d'amour quand vos mots ne sont que suffisance et mépris. Ne salissez pas ma reine de vos mots creux. Je ne vous permettrais pas de parler d'elle. Encore moins à vous, plus que tout autre de mes alliés."

Il s'était tourné et ses yeux noirs avaient la profondeur d'un ciel d'orage. Une menace silencieuse plus dangereuse qu'un mot ou qu'une dague sortie. Un pas, il lui fit face, de toute sa hauteur filiforme, la toisant avec une colère froide et un mépris royal malgré ses cernes et ses yeux rougis. Il était en colère, car elle souillait la réalité de son affliction, plus grande que la péronnelle rousse ne se l'imaginait car Aldo était, dans son monde, mort en silence. Aldo était un secret dont il ne pouvait parler. Comment avouer un amour double quand on se sait déjà pas parler d'amour ?

"Vous parlez de dignité, Alecto ?" Fit-il d'une voix dangereuse, une voix où couvait toujours cette sourde menace, larvée comme un vers dans le fruit. "Mais que savez-vous de la dignité, vous qui vous permettez à cet instant de troubler mon deuil de vos sornettes et de vos réflexions ? La dignité n'est ni dans les larmes, ni dans la posture, elle est dans l'âme même de celui qui la possède. Et le roi pleure et dort bien couché comme le plus simple des paysans. Pourtant lui enlève-t-on sa couronne ?"

Il la toisa, proche mais sans la frôler, la dominant de sa taille squelettique, ses cheveux épars autours de son visage blême et grave.

"La dignité, Alecto, n'est pas faite de moralisations, comme vous les dispensez si aisément à moi qui suis votre supérieur. Ne me courroucez pas, j'ai la haine facile ce soir et je ne souhaite pas la perte de l'un des membres de ce que vous ne voyez que comme une guilde. Une guilde ! Non pas une guilde. Un seul corps où chaque doigt forme la main qui tient le poignard et l'autre celle qui verse le poison. Un seul maillon faible, un seul... Et nous ne pourrions nous vanter d'exister depuis des siècles. Vous pourriez bien me tuer, tuer mon dragon, nos âmes ne se sont pas éteintes depuis les premiers âges, et elles continueront ainsi à se réincarner. Nous ne sommes qu'un maillon, mais peut-être plus important que vous ne l'imagineriez jamais, persuadée de vos réalités et de votre belle certitude que vous brandissez sous mon nez comme une mouche devant le dragon."

Il balaya l'air qui les séparait d'un revers de la main, ses yeux sombres et presque hypnotiques la fixant de haut, avec cette colère glaciale mais néanmoins bien présente.
Alecto n'était qu'une nouvelle venue, une novice encore à l'épreuve. Dämon lui avait aussi donné du fil à retorde, quelques années plus tôt. Mais les deux jeunes gens s'étaient connus autrefois et il appréciait l'autre homme. Il avait sauvé Alecto, et cette dernière s'était mise à son service en oubliant, la sotte, qu'elle ne le servait pas personnellement. Il n'était pas un idiot, il avait bien remarqué qu'il était le seul à vraiment pouvoir dire quoi que ce soit et Haalu s'était même parfois plaint de son manque de coopération pour toutes sortes de futilités.
L'idée même qu'Alecto puisse le juger quand elle était assez sotte pour ne pas avoir de considération pour celui-là même qui l'avait tiré d'un mauvais pas le faisait sortir de ses gonds, son esprit tenaillé entre le deuil, sa peine, et ces larmes nouvelles pour lui.

"Vous n'êtes encore qu'une nouvelle venue, mais vous promenez votre morgue comme d'autres ont besoin d'une charrette pour leur égo. Descendez de votre piédestal de suffisance ou bien retournez donc à vos meurtres de basse-cours, car il n'y a qu'au royaume des aveugles que les borgnes sont rois. Ici vous n'êtes pour l'instant rien. Et me faire la morale ne vous aidera de toute façon pas à devenir quoi que ce soit de plus que ce que vous êtes pour le moment : une simple novice. Est-ce bien clair ?"

Il n'avait pas haussé le ton, sa voix cassée avait au contraire pris la force d'un murmure profondément grave. Il ne criait jamais, mais ce ton semblait plus effrayant qu'un hurlement.
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Lucem
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+ Le Don légué : Forme photonique.
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Estefania Quinto
Message Dim 10 Fév - 15:11

    Risible? Elle haussa un sourcil, sans perdre son assurance, son calme. Les mots de Candel lui passèrent au dessus de la tête et ce pour une simple et bonne raison: elle connaissait ce que signifiait aimer. Alecto était une jeune femme rogue et fermée; pourtant elle ne dit rien, se contentant de hausser les épaules.

    "Il n’était pas question de la salir."

    Elle s'en moquait de ça aussi, un peu, et son attitude ne changea pas d'un iota bien qu'elle décidât de se taire et d'écouter pour ne pas manquer de respect à son maître. Elle était dure, aurait voulu le consoler sans réellement savoir comment faire. Alors elle se tut. Mais aucune des paroles de Candel ne semblèrent l'atteindre: ni la perturber, ni l'intimider. Qu'il pense ce qu'il veut, puisqu'il était en deuil.

    "J’en parle, maitre", fit Alecto très simplement, affrontant le dangereux regard sombre en le soutenant.

    Elle n'avait pas souvent eut le droit d'en avoir, de la dignité, elle ancienne enfant esclave d'un prince marchand pédophile qui lui avait inculqué à coup de fouet et d'autres choses plus déplaisantes que les enfants comme elle n'avaient ni dignité, ni âme. Souvent, elle l'avait entendu. En effet, le roi est un homme; mais il n'avait pas le droit à la faiblesse car tous le suivent. La rousse ne dit rien, se contentant d’écouter: elle eut un sourire morgue, satisfait.

    Alecto affronta Candel sans bouger, comme si seul son corps était là et tout le reste étaient parfaitement inexistant; elle n'avait pas peur. Ni la mort ni le déshonneur n'étaient à l'ordre du jour et elle le savait. Lorsqu'il eut terminé, elle ne répliqua pas, se contentant de dire en tournant les talons.

    "Enfin debout, maître. J'en suis fort aise, je n'aurai pas servi à rien."

    Elle sourit, partant finalement en sens inverse, suivant le courant calme et lent de la rivière souterraine. Qu'il qualifie ses actions passés de meurtre de basse cour ne la toucha pas: un meurtre est un meurtre. Qu'il la traite de novice était la logique même. Elle était orgueilleuse, mais sensée. Il ne l’atteindrait pas; elle ne le permettrait pas. Mais Candel faisait ce qu'elle avait voulu qu'il fasse: se relever. Il était enfin debout.

    "C'est bien clair, je connais ma place. Bonne soirée, mes condoléances."


    Un sourire étrange flottait sur son visage calme; le sentiment indicible lui crevait presque la poitrine.



+ 【Due Destiny】
I hate the rules, I just don’t want to be tie so I ran away, forgetting about everything. I hate to be ordered, I want to be a little evil. I slip out of the house in the middle of the night, running through the night’s street... why do I live for? What am I able to do right now? I don’t even know that. Will something change if I break the rules? So, I want to throw out everything, anybody is fine. I wield the justice that strikes evil with the pretext of justice my stress disappear.
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Message Dim 10 Fév - 15:49



Cette fille était une énigme, à cause de son absence de connaissance du genre humain. Il ne pouvait lui en vouloir et pourtant, c'était bien de la colère, dans ses yeux. Parce qu'il souffrait bien trop, ce soir. Parce qu'il ne pouvait l'oublier ainsi, la reléguer à l'état du cadavre qu'elle était devenue. Parce qu'il ne pouvait parler à personne d'Aldo. Que c'était déjà assez difficile comme cela d'avoir tout perdu.

Mais a quoi servirait-il de justifier ses pleurs, sa chute d'un instant ? A quoi cela servirait-il d'expliquer à cette fille qu'il n'avait jamais pleuré, qu'il venait de perdre tout son passé. Que le Doyen Haalu n'était plus si jeune et qu'il était, au delà de son conseiller et de son oncle, son père de substitution tant pour Arkhail que pour lui ? Lui aussi mourait et alors il n'y aurait de sa vie d'autrefois qu'un néant silencieux et froid pour tout réconfort.
Elle ne comprendrait pas et il n'était pas de ceux qui se plaignent ou qui expliquent.

Elle accusait sa diatribe avec sa suffisance habituelle, manquant en vérité d'être littéralement étranglée par la main même de son propre maître : que cette absence de réaction était frustrante...
Il n'en fit cependant rien. Il ne voulait pas se battre. Pas ce soir. Pas ainsi. Et pas avec elle. Il serait trop violent, trop dominé d'émotions parasites si on lui laissait le luxe de se faire couler le sang. Sang et viscères... Si chaud... Comme le ventre d'une mère ouvert sur un nourrisson mort-né. Il ne dit rien, il ne fit rien. Ses pensées macabres, son besoin de sang, de violence, il les garda en lui comme tout le reste. Ses sentiments si rarement exprimés étaient retournés à leur place habituelle : dans ce froid néant en lieu et place du cœur. Derrière les cendres grises, il cacha les braises et les étouffa comme l'on étouffe une vipère dans son poing.

Il la regardait s'éloigner et ne lui répondit que par le silence, se sentant étrangement... seul. Vide et las. Seul sur cette avancée de roche nue. Elle l'exaspérait et prétendait avoir fait tout cela pour le relever ? Foutaises. Il était facile de se cacher derrière de bonnes intentions quand l'on payait les conséquences de ses actes.

Une triste conséquence, sans remous ni rides à la surface de l'eau : celle d'avoir incité Candel à ne plus faire montre de ses rares sentiments. Ne plus rien montrer, jamais. Enfouir. Et étouffer. Tuer chaque sentiment naissant ou plus ancien. Tous. Tous les oublier. Parce que finalement l'amour ne mène qu'à la peine infinie d'avoir perdu l'objet de l'attachement. C'était un sentiment inutile et creux. Un sentiment qui mourrait avec Hattusha et Aldo, pensait-il. Parce qu'ils étaient les seuls...

Le bruit sourd des ailes d'Arkhail rompit le calme revenu et le dragon se posa sur la roche noire, ses puissantes griffes s'y enfonçant profondément, dans le dos de son jumeau.
Il se contenta de tendre le museau et de le poser doucement dans le dos de son dragonnier, le souffle chaud venu de ses naseaux faisant voleter quelques mèches brunes.

"La cendre est l'écho passé de la flamme... Je vais garder en moi la cendre de mes amours, puisque c'est tout ce que l'on me laisse le droit d'avoir." Sa voix se brisa sur ces mots et, doucement, pudiquement, son frère l'entoura de ses plumes noires, le dérobant au monde et le laissant se blottir dans le secret de ses ailes.


[ clos ♥ Merci Alecto ]
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