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Une poterie sur la tête ou dans les mains ? [PV Ivan]

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Message Jeu 3 Jan - 0:20

Ces réunions sans fin étaient vraiment éprouvantes ! Heureusement pour elle, Katell pouvait compter à présent sur son ami retrouvé, ce cher Idriss, qui regardait dans le même sens qu'elle. À deux, ils réussiraient peut-être là où elle échouait régulièrement seule... Enfin, il n'était plus temps de penser à ça ! Ces derniers jours avaient été pesants et d'une longueur qui n'en finissait jamais...

C'était bien pour cela qu'aujourd'hui, la jeune Gouverneur de Keven s'était autorisée une sortie seule ! Enfin, Glaurung n'était jamais bien loin et la surveillait, prêt à intervenir si jamais elle avait des ennuis, ce qui arrivait rarement ici. Katell avait toujours aimé aller au bazar de Migelo, un endroit où l'art était proéminent.

Migelo aimait présenter des artistes en devenir ou même les vieux routiers de l'art qu'ils appelaient "moderne". Cependant, c'était toujours les poteries qui attiraient son attention. Les formes des vases, des soucoupes, des récipients étaient toujours inattendues, et souvent très belles. Les pots en terre cuite plus particulièrement voyaient souvent l'oeil exercé de la jeune Kevii se poser sur eux. Katell avait une passion secrète que vous devinerez aisément : elle adorait travailler la terre de ses mains.

On pourrait ne pas le penser en voyant cette jeune femme si frêle s'adonner à une activité aussi salissante, mais la blonde n'éprouvait jamais autant de plaisir qu'en utilisant son tour pour façonner des sculptures de terre. Elle veillait bien à ce que personne ne la surprenne quand elle y travaillait, bien que cela ne soit pas une honte. Mais c'était son jardin secret et personne ne devait y toucher.

Pour le moment, elle se contentait de regarder, admirant le travail des sculpteurs, essayant de retenir des modèles pour ensuite les refaire chez elle, dans cette pièce qu'elle gardait secrète. Et ici, c'était son moment détente quand elle ne se trouvait pas dans un jardin ou un autre endroit où la nature prenait de la place. Un inconnu la bouscula violemment alors qu'elle s'approcha de l'étal, provoquant une exclamation vive.

- Hey ! Vous pourriez regarder où vous allez !

L'inconnu se retourna avec un air louche et s'approcha de Katell qui serra les dents en voyant la mine concupiscente de ce rustre. Alors sans réfléchir, elle prit la première chose qui lui tomba sous la main : un pot assez lourd en terre cuite, et le lui envoya sur la tête. La poterie se brisa et le malotru tomba au sol, complètement sonné. Migelo accourut, et en reconnaissant le Gouverneur, appela les gardes territoriaux pour qu'ils se débarrassent du type et l'enferme en prison, en leur expliquant tout ce qui s'était passé. Les gardes voulurent que Katell retourne à la Tour Perlée mais cette dernière secoua la tête en pointant le ciel du doigt avec un petit sourire. En apercevant Glaurung qui s'était posé sur le toit, les forces de l'ordre firent un salut militaire et emportèrent le rustaud.

*Tu vas bien, Kat ?*

*Plus de peur que de mal, ça va aller. Mais reste ici, des fois que...*

*Comme si tu avais besoin de me le dire !*

- Je suis navrée, Migelo. Combien vous dois-je pour la poterie ?

- Ne vous inquiétez pas pour cela, Mademoiselle le Gouverneur. C'était un accident.

- Si si, j'insiste.


Après avoir débattu pendant plusieurs minutes, Katell réussit à avoir gain de cause mais ne quitta pas la boutique pour autant, souhaitant continuer à regarder les nouveautés que Migelo lui montrait en exclusivité pour se faire pardonner. De quoi ? Lui-même ne le savait pas...
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Message Ven 4 Jan - 11:23

    Depuis qu’il était arrivé à l’académie, il n’avait pas eu le temps de chômer, il devait assurer les cours de combat pour les élèves des cinq années, mais le précédent professeur ne lui avait pas vraiment laissé de notes individuelles alors il devait apprendre à connaitre chacun d’entre eux pour les former efficacement. Pour les premières et secondes années, ca allait encore, ils n’avaient pas encore toutes les habitudes et il pouvait les convertir rapidement à ses méthodes. Mais pour les années au dessus, c’était plus délicat de changer leurs façons de travailler. Sans compter qu’il devait aussi s’occuper des Fulgère, tout en apprenant le métier de professeur sur le tas.

    Mais aujourd’hui, temps libre alors il en profitait pour découvrir son nouvel environnement. Enfin, redécouvrir serait plus exacte, il connaissait déjà Laragon mais cela faisait huit ans qu’il n’y était pas venu dans cette ville et à l’époque, il n’y était pas venu très souvent à l’époque, alors il redécouvrait un peu tout.

    N’ayant pas de but précis, il laissa ses pas le guider sans vraiment chercher où il irait, c’est ainsi qu’il finit par atterrir dans le quartier commerçant et de fil en aiguille, il finit devant une boutique de poterie en tout genre. Il n’était pas spécialement amateur de ce genre de chose, ni même amateur d’art mais il entra tout de même, par curiosité. Pauvre Ivan, trois ans à se battre au point qu’il en avait presque oublié ce que cela faisait de passer du temps dans une ville hors du conflit.

    Son regard fut ensuite attiré par les cris d’une jeune femme blonde à la peau pâle en train d’engueuler un grand gaillard qui l’avait bousculé, ce dernier ne semblait d’ailleurs pas trop apprécier que la blondasse de service l’enguirlande comme ça. Ivan s’apprêtait à aller le calmer quand il vit la jeune femme se saisir d’un pot en terre cuite et lui exploser sur la tête. Un à zéro pour les blondes à sale caractère. Puis le propriétaire arrive, les gardes débarquèrent et tout le tremblement. Ca faisait beaucoup pour une bagarre de chiffonniers. C’était qui cette fille ? Une espèce de princesse ou quoi ? C’était elle qui avait démoli de la marchandise et le patron lui léchait les pieds. Même les gardes saluèrent à la vu du dragon qui venait de se poser sur le toit, un petit truc vert qui n’avait pas l’air bien méchant.

    Ivan retourna donc à sa contemplation digne d’une vache regardant les trains passer jusqu’à ce le patron lâche sa princesse et que la dite consœur dragonnière se retrouve par hasard à son niveau.

    Est-ce qu’il méritait vraiment ça ? Ce pauvre pot en terre cuite j’entends… on en oublie qu’il est tellement plus difficile de créer quelque chose que de le détruire…

    Le regard d’Ivan se perdit dans le vague, son visage affichant une forme de mélancolie. Il était marqué par la guerre, il avait vu des villages entier, construits par des générations entières, se faire détruire en quelques instants. Que restera-t-il à la fin de cette guerre folle ? Sans doute plus grand-chose…
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Message Mar 8 Jan - 17:29

C'était bien la première fois que Katell essuyait une déconvenue de ce genre. Les joues encore flamboyantes de honte, elle tentait de se reprendre après tout le vacarme quand un homme s'adressa à elle d'une drôle de manière. Et sa remarque n'était pas sans raviver le feu de l'embarras sur son visage si pâle.

- Je ne voulais pas ce qui est arrivé. J'ai pris peur stupidement.

Baissant la tête pour cacher son expression honteuse, la jeune kevii regardait de nouveau les étals mais avait l'impression de ne plus rien voir. Encore emplie de frayeur rétrospective, elle tentait de se calmer en faisant un exercice simple de respiration. Inspirer longuement, expirer... Pendant quelques minutes, cela lui permit de reprendre le contrôle sur ses émotions et faire en sorte que son visage fut moins rouge, et que ses mains tremblèrent moins.

- Vous avez raison, il est plus facile de détruire que de construire. Mais de chaque destruction naît une nouvelle construction. C'est un cycle sans fin.

Les hommes ne pouvaient s'empêcher de détruire, comme ils ne pouvaient s'empêcher de construire. C'était l'instinct de conservation qui les poussait à créer quelque chose qu'ils pouvaient posséder. Katell sourit doucement, repensant à son pays où la guerre avait commencé à s'étendre. Les keviis étaient des gens simples, amoureux de la terre, mais l'invasion de Wyrms les avaient bouleversés. Ils n'étaient pas préparés pour la guerre, ils avaient subi de nombreuses et importantes pertes. Y penser à chaque fois lui étreignait le coeur de souffrance.

- Même si à chaque fois, on espère qu'on aura plus à reconstruire.

Puis tournant la tête vers son interlocuteur, la jeune femme lui fit un sourire sympathique. Elle n'avait jamais été de nature méfiante à la base, sauf quand les intentions de quelqu'un lui apparaissaient comme floues. Katell savait jauger les gens au premier regard, comme son père le lui avait appris. Et l'homme qui se trouvait à son côté, malgré son air un peu froid et distant, lui inspirait plus ou moins confiance.

De toute façon, avec Glaurung au-dessus d'eux et le monde qui les entourait, il aurait bien du mal à tenter quoique ce fut...
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Message Lun 14 Jan - 17:42

    La jeune femme à côté de lui était rouge, de honte surtout, mais aussi de peur, sa respiration était rapide, elle était encore sous le coup de ses émotions, en totale opposition d’Ivan qui était froid et imperturbable. Elle avouait d’ailleurs avoir prit peur, Ivan parla de sa voix calme, mais étrangement douce et mélancolique.

    La peur existe pour nous rappeler de nous méfier de notre environnement, son but premier est de nous garder en vie. A condition bien sûr de ne jamais la laisser nous dominer…

    Là, on sentait plutôt que c’était le soldat qui parlait. Les guerriers qui disaient n’avoir aucune peur étaient soit des menteurs soit des imbéciles. Ceux qui font fi de leur peur sont de vulgaires têtes brûlés qui foncent dans le tas… et ce font souvent tuer jeune. Non un vrai soldat contrôle et domine sa peur pour l’asservir et en faire le plus précieux des détecteurs à danger et rester accessoirement en vie. Il la laissa reprendre son soufflet et son calme. Elle n’avait rien d’une vraie combattante si elle se laissait aussi facilement gagner par ses émotions mais Ivan garda cette pensée un peu méchante pour lui. Deux années de combat l’avaient transformé au point qu’il avait de plus en plus de mal à penser autrement que comme s’il était au front. Elle lui fit ensuite part de son opinion et il y avait du vrai dans ce qu’elle disait.

    Oui, tant qu’on garde espoir, on peut tout reconstruire… mais on ne peut pas ressusciter les morts et eux, ils ne pourront jamais plus rien construire… le cycle a prit fin pour eux.

    La mort hantait cet homme qui dissimulait sous la glace de son visage, un cœur sensible. Chaque soldat qui avait combattu avec lui et qui était mort… chacun et chacune avait des rêves, des projets, un avenir, tant de choses qu’ils ne pourront jamais concrétiser. Et lui… lui qui n’avait pas spécialement de rêve ou de projet, lui qui était resté soldat juste pour éviter une vie minable de petit pêcheur dans un village paumé du Nordheim… lui, il était encore en vie. La jeune femme avait de l’espoir, celui de ne plus jamais avoir à reconstruire.

    Vous l’avez dit vous-même, c’est un cycle sans fin. Et il le restera tant que nous n’aurons pas la sagesse nécessaire pour comprendre que ce cycle est vain…

    Allons bon, voilà qu’il embêtait cette pauvre femme avec ces questions existentielles et ces états d’âme. Cherchant à changer de sujet, il leva la tête au plafond où il sentait la présence du dragon de la jeune femme. Avec son expérience, il avait fini par être capable de sentir le lien invisible entre un dragon et son allié.

    Vous avez trouvé le modèle aux tendances surprotectrices ?

    Disait-il en gardant les yeux rivés au plafond et donc en direction du dragon qui s’y trouvait, nul doute que la jeune femme allait tout de suite comprendre de quoi il parlait.
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Message Dim 20 Jan - 12:23

Cet homme connaissait parfaitement les affres de la guerre, en témoignait son ton désabusé et son regard mélancolique... Katell n'aimait pas vraiment voir cette expression sur le visage des gens, cela lui rappelait que tous n'avaient pas forcément la même vision optimiste de la vie comme elle. Mais la jeune femme s'efforçait de soulager les peines comme d'encourager les joies autour d'elle.

Non, elle n'avait jamais été une combattante dans l'âme, réservant sa foi et ses dons à soigner, à guérir et à apaiser les souffrances des autres. Elle pensait sans l'ombre d'un doute que la guerre n'était qu'un gros prétexte, un moteur pour les lâches de faire entendre leurs revendications par la force. Comme le dit une certaine citation : "la guerre n'est pas une aventure, la guerre est une maladie, comme le typhus."

Et la jeune Gouverneur avait décidé d'éradiquer cette maladie. Elle ne savait pas encore comment mais passait le plus clair de son temps à y réfléchir. Tant de monde souffrait de cette situation, c'était inacceptable et inexcusable à son sens. Hochant simplement la tête pour approuver les mots de son interlocuteur, Katell se mit à l'observer avec attention. Il ne lui semblait pas très vieux mais on aurait dit qu'il portait tout le poids du monde sur ses épaules. Elle aurait bien voulu l'aider à s'en soulager mais savait d'expérience que certaines personnes ne supportaient pas qu'on les aide à leur corps défendant. Elles avaient besoin de ce poids pour exister...

- Je suis Katell O'Hara. Pardonnez-moi d'être un peu brusque mais... Qui êtes-vous ?

Lui tendant la main, Katell trouvait normal de se présenter avant de lui demander son nom. La jeune femme était connue pour être Gouverneur de Keven, mais aussi pour ses dons de guérison qui avaient beaucoup aidé lors de son année sur le front, et qui continuaient à être utilisés là où elle pouvait se rendre utile.

- Je ne pense pas vraiment que ce cycle soit vain... Tout dépend de la manière dont les choses se passent. Et même si les morts ne peuvent plus construire, leurs pensées restent avec nous et nous aident à progresser. Vous devez trouver que je suis plutôt naïve, n'est-ce pas ?

En fait, peu lui importait l'opinion des autres. Katell possédait ses propres convictions et travaillait durement à les développer pour qu'un jour, les conflits puissent s'arrêter et les gens s'entendre. Bien sûr, la rancune, la colère et la haine ne pourraient être défaits aussi aisément, mais si tout le monde y mettait un peu du sien, la jeune femme était certaine que le Territoire pouvait connaître des temps de paix.
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Message Mer 23 Jan - 18:40

    Pour Ivan, la guerre était pire qu’une maladie, c’était de la folie à l’état pur. Un massacre sans nom et dont la signification commençait à lui échapper. D’antiques lois proclamées par Limlug ? Des gens qui défendent leur point de vue. Finalement, qu’est-ce qui les séparait des Wyrm ? Pas grand-chose en fait, une simple épreuve et trois gouttes de sang. Lui aussi serait devenu un marginal si on lui avait dit qu’il ne pouvait pas rester avec Burya pour une raison aussi stupide. Pourquoi les wyrms ne pouvaient-ils pas se contenter d’être de gros méchants connards qui se contentaient de tuer, casser, brulé, voler les sucettes des enfants avec un chef despotique et mégalomane emplie d’envies de conquérir le monde ? Mais non, fallait juste que ce soit pour les trois quarts des types avides de leur petite vie à eux.

    Ce qui faisait que la jeune femme et lui étaient comme le jour et la nuit, elle, elle semblait être d’un optimisme désespérant alors que lui était cynique, désabusé et n’attendait plus grand-chose de la vie. Et ça pouvait se voir même dans le pouvoir, elle était une guérisseuse, une femme de vie, il était un guerrier, un homme de mort. Si elle comptait les sourires des gens qu’elle avait sauvés, il ne pouvait que compter les rictus d’agonie de ceux qu’il avait terrassés. La jeune femme se présenta ensuite à lui. Son visage ne lui disait rien mais son nom si, elle était la jeune gouverneur de Keven, une femme de paix.

    C’est un honneur madame le gouverneur, je ne me serais pas attendu à avoir le plaisir de vous rencontrer si loin de chez vous.

    Car techniquement, Keven, ce n’était pas la porte à côté, elle devait être là pour une quelconque visite officielle. Il prit la main qu’elle lui tendit mais sans doute ne s’attendait-elle pas à ce qu’il fasse autre chose que la serrer. Il la porta à ses lèvres et y déposa un baisemain rapide, simple et respectueux. Comme quoi la guerre ne lui pas encore tout enlevé, il lui restait des notions de galanterie.

    Ivan Silitch, madame, ancien membre des escadrons d’élite. Je viens d’être récemment détaché à l’académie pour palier aux manques d’enseignants et offrir mon expérience du combat aux jeunes recrues.

    Histoire de leur éviter de joyeuses déconvenues, surtout aux petites crétins qui s’imaginaient que la guerre, ca allait forcément faire d’eux des héros trop super cool pour emballer les filles. En général, on les repérait facilement, c’était ceux qui ne survivaient pas aux huit premières minutes du premier combat. Autant dire d’ailleurs que ces élèves étaient devenus blêmes quand il leur avait expliqué la notion des huit minutes de la mort… la jeune femme lui expliqua ensuite sa vision des choses, c’était beau et optimiste, des notions qu’Ivan avait perdu, peut-être pour toujours. Elle se disait elle-même naïve et Ivan lui répondit.

    Peut-être… ou peut-être pas. Peut-être est-ce moi qui suis simplement devenu trop sombre et trop désabusé pour espérer quoique ce soit de joyeux de la vie. Le souvenir le plus marquant que j’ai de mes compagnons d’arme mort, c’est toujours la froideur de leur peau et la sensation poisseuse de leur sang sur mes mains quand je ramenais leur corps pour qu’il ait les derniers hommage.

    Trop de cadavres, trop de morts. Ca le hantait, à force de voir tout les gens autour de lui mourir, il avait finit par ne plus s’attacher, car la mort les hantait et il ne voyait plus l’utilité de s’attacher, une vision du monde sombre et biaisée. Si cette femme pouvait guérir les plaies du corps, il était très peu probable qu’elle guérisse celles de son âmes…
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Message Sam 2 Fév - 13:32

Katell le savait... Tout le monde la traitait plus ou moins d'idéaliste, que ce soit devant elle ou derrière son dos, mais elle n'allait pas renier ses propres convictions parce que la vie était difficile en ce moment, justement ! Elle se faisait un devoir de lutter contre les visions négatives et tenter de pousser les autres au maximum à voir les choses sous un angle différent, moins lugubre.

Enfin, elle n'était pas là pour dire aux autres quoi penser non plus, elle n'en avait pas la prétention. La blonde souhaitait juste que tout aille mieux, était-ce mal que de désirer la paix alors que nous étions en temps de guerre ? La paix ne devait pas passer par la bataille, et les conflits engendraient d'autres conflits, tous gagnant chaque fois en intensité... Était-ce plus judicieux ?

La jeune femme pensait bien que non. Mais elle était jeune, pas assez expérimentée dans son poste pour que tout le monde écoute ce qu'elle avait à dire, et malgré toute la sagesse lui venant de son père, elle continuait de se battre pour faire valoir ses idéaux. Qu'y avait-il de mal à vouloir que le monde arrête de se déchirer de la sorte ? La guerre n'apportait que mort et désolation sur son passage, tristesse et larmes infinies au seuil d'une aube chaque fois plus rouge du sang versé des innocents... Non, ce n'était pas ainsi que Katell envisageait l'avenir du Territoire.

En tendant la main à Ivan Silitch pour la lui serrer, la jeune femme fut surprise de le voir porter sa main à ses lèvres, un vrai gentleman. En lui souriant d'un air amical, elle se rappela ce nom porteur de légende. Cet homme avait été l'un des artisans d'une victoire amère pour le Territoire, au pic de Nielen. Tous les combattants avaient péri, sauf lui...

Et Katell ne pouvait même pas oser s'imaginer un tel traumatisme. Se réveiller seul, au milieu d'un champs de ruines, entouré de cadavres qui furent autrefois des alliés ou des ennemis. La plupart des gens prenaient Ivan pour un héros, le survivant de cette bataille qui fut décisive... Mais pour avoir soutenu nombre de ses camarades secoués par les affres de la guerre, la jeune femme effleurait juste à peine ce qu'il devait ressentir, ses mots renforcèrent d'ailleurs parfaitement cette impression.

Qu'il ne se leurre cependant pas ! Ce n'était pas parce qu'elle se battait en retrait de la guerre qu'elle n'avait pas vu d'amis mourir sous ses yeux. En tant que spécialiste des soins, plus d'une fois la fatalité funeste avait frappé lorsque son don s'était révélé inefficace. Mais justement, pour éviter qu'il y ait encore plus de victimes, la jeune femme faisait des pieds et des mains pour être entendue et pour proposer des solutions plus pacifistes.

- Ivan Silitch. Vous êtes connu comme un grand guerrier, c'est également un honneur pour moi de vous rencontrer.

Katell aurait tellement voulu pouvoir guérir les blessures de l'esprit... Mais ce n'était pas un domaine qu'elle pouvait contrôler. Son don de guérison ne servait que pour le corps, et elle pensait bien que les plaies de l'âme ne pouvaient se résorber aussi facilement, et qu'il fallait que le blessé veuille être soigné pour que cela marche correctement.

- Ça a dû être très difficile pour vous. Je ne peux même pas imaginer le quart des épreuves que vous devez traverser tous les jours. J'ai moi-même ma part de tourments, j'ai aussi vu des compagnons d'armes mourir sous mes yeux sans que je pusse y faire quoique ce soit. Mais je préfère me battre pour honorer leur disparition, et espérer qu'à l'avenir, le monde ne connaisse plus que la paix. C'est peut-être utopique, ça n'arrivera peut-être jamais, mais c'est comme ça.

Souriant avec douceur, Katell leva les yeux vers Glaurung qui ne l'avait pas lâchée un seul instant. Le dragon émeraude s'envola pour se poser près de son alliée.

*La vie est faite de joies et de peines. Mais quand la peine surpasse la joie, il est difficile d'aller de l'avant. Nous savons tous que la vie est loin d'être un long fleuve tranquille, mais notre devoir est de faire en sorte que la paix revienne sur le Territoire.*

Glaurung s'était adressé en esprit à Ivan. Il voulait juste lui montrer qu'il partageait la vision de Katell sur ce sujet-là, mais qu'en tant que dragon, il représentait aussi une sorte de point de ralliement de son espèce. Mais tout comme son alliée humaine, il partait à la chasse aux sorcières avec un handicap : sa taille limite ridicule pour un dragon ne poussait pas réellement à la confiance, malgré ses hauts faits quand même reconnus chez ses congénères.
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Message Mer 6 Fév - 18:57

    La jeune femme avait une vision des choses qui était à elle et Ivan ne lui renierait pas ses espoirs, il n’avait toujours parlé que de manière égoïste, en disant ce que lui ressentait. Les deux personnes firent les présentations. Il fut quelque peu surpris de tomber sur le gouverneur de Keven mais se reprit très vite et eut même la politesse de lui faire un baisemain qu’elle sembla apprécier. Elle aussi connaissait son nom. Elle ne le taxa pas de héros comme le faisaient les autres, simplement de grand guerrier. Une fois encore, il allait la décevoir.

    Sans vouloir paraitre dépressif ou peu agréable, je crois que ce qu’on appelle un grand guerrier, c’est simplement celui qui tue le plus d’ennemis. Si c’est le cas, oui, j’ai beaucoup de vies sur la conscience mais je n’arrive pas à y voir un honneur. Une guérisseuse comme vous est des milliers de fois plus méritante que moi.

    Deux individus aux antipodes, elle était la vie, la guérisseuse, il était la mort, le faucheur, littéralement, finalement, il avait eu une bonne intuition en choisissant la grande faux comme arme de combat. Elle se confia un petit peu à lui, disant qu’elle n’avait pas toujours sauvé tout le monde, essayant de se faire compréhensive mais sans faire dans le faux et le dramatique. Tout simplement poli et sincère.

    Non, vous avez raison de conserver vos espoirs et vos aspirations, surtout si vous vous donnez les moyens de les réaliser. Vous êtes bien plus forte et déterminée que moi, vous méritez plus le respect que les guerriers comme moi.

    Un petit dragon couleur émeraude vint se poser près d’eux et parla par son esprit. Les phrases pleines de sagesses qu’il évoquait prouvaient que ce n’était pas un dragonnet mais bien un dragon adulte. Tiens, encore un modèle de poche mais il fallait s’en méfier, à l’instar des chiens, les plus petits étaient souvent les plus teigneux.

    La vie est avant tout une succession d’évènement et tout dépend de comment on les gère. Pour ma part, j’essaie de ne pas trop déprimer malgré tout. Mes amis me manquent, leur mort me hante et parfois ce n’est pas facile. J’ai essayé plusieurs façons pour aller de l’avant, souvent suggérée par d’autres dragonniers, apprécier les plaisirs de la vie, la nourriture, la boisson, les étreintes éphémères d’une femme. Ca marche moyennement, la dernière est la plus agréable mais ca ne dure qu’une nuit et au réveil, les démons reviennent vous hanter…

    Ivan, boulet social, si Katell ne se mettait pas à s’imaginer qu’il était en train de la draguer, ce serait un bon début. Comme quoi, le pauvre professeur était vraiment à la ramasse à force de faire la guerre sans plus vraiment savoir pourquoi.
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Une poterie sur la tête ou dans les mains ? [PV Ivan]

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